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GHOST_TRACK VIIIth VENICE BIENNALE EXHIBITION “Contexts”. Exhibition at the French Pavilion. 2002
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Site: French Pavilion, Venice Client: French Ministry of Culture Size: 3200mm x 1200mm Cost: € 15,000 Design Team : David Serero & Elena Fernandez | ITERAE + Arnaud Descombes & Antoine Regnault | DZO |
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"...It is easier to create a digital model of verbal knowledge (like «teaching» a machine to play chess, for example) than to model a savoir-faire or making, a technique of manual elaboration that implies irregularity, hesitation, trial and error, internal logics of compensation, in an attempt to keep the surface as a whole together. The technique of braiding evokes this kind of complexity where the hands interact with the form in each of the knots. It points to the power and product of a transformative intelligence, which is a mental and material process shared by any kind of technique. The art of braiding, knotting, twisting and curling motifs, the oscillation of the thread around the fabric generate an incessant inversed and reversed figure as they are dreams of spaces without seams, where the weave looses in its density of the surface the linearity of its contour. Like a carpet covered with ornamental patterns, the woven surface uses a simple movement, which repetition and recurrence proceed by gradual complication in time and in space. Architecture begins with and in ornament, or rather, in the woven mat; not with its capacity to provide shelter or put up an enclosure, but with its actual fibrous quality. The interior is not defined by a continuous enclosure of walls but by the folds, twists, and turns in an often-discontinuous ornamental surface. The ornamental destiny of the twisted surface begins the process of superposition of form and structure. Ornament emerges within structure..."
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GHOST_TRACK VIIIème BIENNALE DE VENISE “Contexts”. Pavillon Français. 2002
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Site: French Pavilion, Venice Maitre d'ouvrage: Ministère de la Culture Dimensions: 3200mm x 1200mm Budget: € 15,000 Design : David Serero & Elena Fernandez | ITERAE + Arnaud Descombes & Antoine Regnault | DZO
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Ne pourrait-on pas dire que
toute forme inventée se manifeste comme le pli – jusqu’au froissement,
jusqu’à l’informe et la délacération – d’une forme précédente ? C’est une
forme de drapé dans tous les cas. Georges Didi-Huberman 1. Dans son entreprise de
réhabilitation du concept warburgien de survivance (Nachleben),
est-ce un hasard si Georges Didi-Huberman choisit précisément le drapé tombé
pour le projeter dans un modèle fantomal de l’Histoire de l’Art1?
La survivance suppose toujours un mouvement de périphérisation, qui
procède à la fois d’une évaporation et d’un dépôt, d’un effacement et d’un
archivage. Une mémoire au travail qui contrarie la continuité de l’Histoire
des Formes. La structure d‘exclusion c’est ici le mouvement de l’étoffe/voile/linceul,
qui offre tout à la fois la nudité du corps de la Nymphe au regard, et son
autonomie formelle au drapé. Au bas du tableau, à sa périphérie et presque
déjà en dehors, le drapé/plissé/tombé cultive sa spectralité et sa
puissance résiduelle. Derrida écrit : 2. La popularité dont joui
aujourd’hui l’œuvre de Gottfried Semper, nous invite à jouer la stéréotomie
contre la tectonique, le Motif contre le Modèle, comme si, à sa périphérie,
la pratique se trouvait revitalisée par des principes formels plus
essentiels (son essence ?), plus fluides (son fluide anthropologique ?) 3. Manuel De Landa7
note qu’il est plus facile de modéliser numériquement un savoir verbal (comme
«apprendre» à une machine à jouer aux échecs par exemple) qu’un
savoir-faire, une technique de construction, d’élaboration manuelle qui
suppose l’irrégularité, l’hésitation, l’essai, des logiques internes de
compensations, des condensations hétérogènes et programmatiques, des
assemblages décousus/recousus dans un souci de tenue générale de la surface.
La technique de tressage évoque une telle complexité, de telles stratégies
de finalisation. Elle renvoie au pouvoir et au produit d’une intelligence
transformative, le processus mental et matériel commun à toute tekhnê. A l’évidence de la régularité
d’un tressage s’oppose la technique heurtée, la transformation de son projet
qui est, à plus d’un titre, la trahison d’une mémoire, d’un énoncé préalable
engagé dans les mouvements mnésiques de résurgences, récurrences, déchirures
ou anamnèses. Le savoir-tresser en tant que savoir-faire, en tant
qu’il est projection d’un savoir dans le déroulement d’un faire, intègre
organiquement l’incident à son déploiement temporel et spatial. C’est ce qui
en définit son caractère éminemment événementiel. Il progresse par
actualisations contextuelles successives. La surface tressée se fait en se
dé-faisant, en contrariant, non pas systématiquement, mais de manière
opportune, contextuelle, la forme programmée de ses nœuds. Voilà qui pourrait nous inviter à repenser l’(in-)actualité du « fait-main » et le devenir-fantôme de l’ornement à l’évidence de sa disparition, à l’époque de sa reproductibilité technique, au seuil de la Modernité. Ceci non pas dans le projet de sa réhabilitation, déjà bien entamée, mais dans la limite de son concept même. La réhabilitation de l’ornement en tant qu’ornement jette un voile sur la plus grande activité de ses formes, sa puissance résiduelle comme dit Didi-Huberman. Elle ignore la topologie nouée du parergon et l’énergie qu’il dissipe vers l’intérieur. L’éloge de la parure comme parure ne voit pas que s’y joue, à sa surface, un agencement de force qui vrille déjà programme/contexte/forme en un dispositif inouï. Arnaud Descombes 1. Georges Didi-Huberman,
Ninfa Moderna, Essai sur le drapé tombé, Gallimard, 2002 |
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